Madang et Madam, une ville et un volcan (B part1)

 

        Salut tout le monde!

        Vous etes maintenant en pleine periode de fetes, profitez-en! En ce qui concerne mes aventures, nous voila de retour a la mi-Novembre dans la petite ville de Madang en Papouasie Nouvelle-Guinee (PNG).

 

        Nous y avons passe 10 jours. Nous y sommes arrives plus tot que prevu car nous n’avions plus de cartes marines de la region permettant le cabotage et aussi par envie de faire la fete. Des ce samedi soir. Manque de bol, les Papoux (choux hiboux papoux) sont un peu selects. J’avais pris l’habitude de rentrer n’importe ou en short et en tongues! Retour anticipe au bateau.

        Nous avons a peine le temps de faire de bonnes rencontres que Tree, notre equipiere d’Alaska, s’envole a regrets vers l’Australie.

                Quand Alex n’est pas occupe a preparer le bateau, nous profitons ensemble de nos guides locaux. Aujourd’hui, nous avons decide de goutter aux  super populaires beatle nut :

        1- crocs l’ecorce et maches la graine.

        2 – quand tu salives, trempes ta tige de moutarde dans la poudre de corail.

        3 – maintenant, tu chiques. la salive que tu craches devient rouge. tu t’en mets partout!

        Hors de la ville, dans ce marche ou l’on ne voit jamais un blanc, nos sourrires nous trahissent. “White man, yu likem chew big blong boa?! Kissem!” ( He le blanc, tu chiques?! Prends!) Je me fais offrir la plus grosse noix du coin. Le spectacle est si rare que le marche – et meme le temps – s’arrete. C’est ma deuxieme noix. Le gout me semble meilleur, moins acide. Mais cette fois c’est des litres que je recrache pour la plus grande joie des Papoux. “White man, KISSEM!”

 

        4 – fumes la “brousse”.

 

        Ca me dit rien de fumer une cigarette de tabac pure de la meme longueur que la page de journal qui a servi a la rouler. Mais j’ai voulu agir comme un local, et c’est coutume. Et bien j’ai failli mourrir a la premiere taf, a moitie asphyxe et a moitie noye . Puis j’ai poursuivi aussi naturellement qu’un aborigene. Alors le marche c’est enflamme: cris de joie, chants et danses nous ont raccompagne jusque dans la benne de pick up. Tandis que nous nous eloignons, je commence a en ressentir les effets: bouche anesthesiee et regain d’energie. La feuille de cocca locale!

 

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                 Encore quelques noix de plus et c’est l’overdose. La tete me tourne, l’envie de vomir monte. Rien de mechant et ca passe vite. Mais j’apprend que les beatle nut, c’est avec moderation. Mais il faut des annees avant d’avoir les dents rouge et pourries comme certains. Alors ca serra souvent, mais avec moderation!

                Le reste du temps, je le passe a perfectionner mon creole anglais, le picin, en trainant avec les charmantes serveuses du Madang yatch club ou en errant dans les rues.

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                Voila 10 jours a Terre. Les batteries sont rechargees. Peter, bateau stoppeur australien nous a rejoint. Le bateau est pret pour l’aventure de la riviere. Cette riviere a propos de laquelle on entend tout et son contraire, prochain objectif. Ne reste qu’a reccuperer Reed, ami de longue date du capitaine. 

 Sous cette chaleure, l’ancien joueur de hockey en NHL est heureux d’etre acceuilli par une biere fraiche a la sortie de l’avion. L’aeroport est loin de la ville. Il est donc surpris quand nous commencons a marcher. 3 minutes plus tard, nous sommes chez notre papa et notre maman de PNG, nos guides locaux preferes. Nous y avons mouille Bubbles apres avoir remonte un bout de la riviere du coin en guise d’echauffement. Nous repartons non pas avec 1 equipier, mais avec une dizaine: nous embarquons toute notre petite famille pour quelques heures de voiles, quelques sourrires de plus avant de quitter la ville. 

 A la nuit tombee, le son de la corne de brume et une detonnation suivi du feu d’artifice d’une fusee de detresse saluent la foule d’amis que nous quittons, une fois de plus.

 

        Adieu Madang!

 

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                Au matin, nous approchons de Bagabag. Petite soeur de Uriparapara au Vanuatu: c’est une ile volcanique et un flan de montagne effondre permet de mouiller dans le cratere. L’eternel acceuil des locaux dans leurs canoes emmerveille Reed. Avec Peter, nous partons chasser sur le recif. Par deux fois, accroche en embuscade a un rocher, les tortues viennent quasiment me serrer la pince! Et nous rentrons rapidement avec notre poisson frais.

 Apres un rapide tour a terre, a redecouvrir la culture du copra (huile de coco), nous filons de nuit vers notre prochaine escale.

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        L’ile de Madam a cette forme parfaite du cone volcanique. Ancrer Bubbles a son pied est assez technique car le fond tombe a pic, mais 2 ancres et une ligne a terre ferront l’affaire.

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Je me join au capitaine pour aller rencontrer le chef de la petite communaute. Le terrain de basket (!) est utilise pour secher les cocos. L’immense eglise (!) est fermee faute de pasteur. Nous entrons chez chef Marcel.

Apres avoir chique la beatle nut de l’amitie, nous demendons quels sont les besoins des villageois: nous avons pour habitude d’offrir sacs de riz, sucre, cafe etc. dans ces communautes coupees du monde. Mais quand Marcel evoque les besoins locaux, c’est une premiere: “Nous avons besoin de mitraillettes, fusils a pompe, lances rockets. Tout ce que vous avez. Nous vous donnerons 10kg de marijuana.” Nous rions de son humour. “et sinon?”. “Non, nous sommes serieux: ce volcan est terriblement actif. La derniere erruption remonte a 2006 et la prochaine a tout l’air d’etre pour bientot. Nous ne pouvons rester ici. Nous sommes heberges par le gouvernement sur l’ile principale, mais nous n’avons pas de Terre pour y faire nos jardins. Nous ne pouvons survivre sans jardins. C’est pourquoi nous avons besoin d’armes pour y combattre les proprietaires terriens.” Nous sommes un peu genes, mais nous ne pouvons rien pour eux. Ni pour la communaute voisine qui nous ferra la meme offre. On est quand meme copains?

 

                Quand la nuit tombe, les nuages disparraissent et laissent place a la montagne embrasee. Ca petarade sec la haut en effet! La terre gronde, la lave s’envole puis s’ecoule lentement. Ce spectacle est nouveau pour moi. J’adore! Mais je comprend mieux la situation des villageois: si le volcan s’enerve, nous pouvons lever l’ancre et aller faire copains-copains un peu plus loin….

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 A 4h du matin, le spectacle  est encore plus intense. La ballade en annexe permet de prendre du recul sur le volcan. Le soleil pointe a l’horizon. C’est magique.

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Nous retrouvons  1 guide de la communaute voisine. Nous voulons approcher la lave…Quand nous commencons a marcher en file indienne, nous sommes une 20aine. Enfants et ados du village nous accompagnent. Aucun d’entre eux n’est deja alle la haut, trop dangereux. Nous traversons quelques villages qui s’eveillent, profitons des cocos pour nous rafraichir. Mais de tous les jeunes, pourquoi envoient-ils le gars sourd et muet collecter la boisson? Car il n’entend pas quand on lui demande d’arreter: nous sommes sous un bombardement!

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                La progression est lente dans cette portion de jungle intense.Avec la machette, on se prendrait facilement pour Rambo. Voila enfin l’ancienne coulee qui devrait faciliter notre progression. Seuls les plus temeraires d’entre nous commencent l’assencion. Car une coulee de lave peu devaler en 5 secondes! Ca fou un peu les boules, mais il y a la quelques jeunes arbres pour se rassurrer: ca n’arrive pas tout les jours. Petit a petit, tout le groupe nous rejoint. La pluie se met a tomber et nous rince un peu car nous sommes couvert de cendres. Nous approchons de la limite des nuages. Nous n’irrons pas plus loin. Trop dangereux sans visibilite: on entend les rochers devaller la pente non loin de la…Nous ne verrons pas la lave.

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        De retour au bateau, un navire est ammare a cote du notre: il charge les sacs de copra, seul revenu de la communaute. S’ils n’ont pas encore achete d’armes, les bieres sont deja la.

 

 La nuit est tombee. Je ne me lasse pas des erruptions que je contemple par le hublot tandis que je cuisine.

 

Alex me reveil, m’envoie d’urgence avec un spot en haut du mat. A peine reveille et secoue par les vagues, je dois chercher une passe. Je ne vois rien, sauf quand le recif n’est plus qu’a quelques encablures. “Arriere Toute!”. C’est trop dangereux de rentrer la de nuit, on ne s’arreterra pas. Je rale sur le capitaine parfois trop bourrin a mon gout. Il aurrait ete facile de me reveiller 5 minutes plus tot et de me briffer…je l’aurrais alors trouve sa passe…

 

 

Le jour se leve. Le volcan est loin a l’horizon, deja couvert de nuages. L’eau est brune. Les vagues sont etranges? On dirrait qu’elles restent sur place. Nous sommes a l’embouchure de la Sepik river. Nous sommes a l’aube d’une aventure unique: remonter la riviere aussi loin que possible sur un voilier.

 

Nous nous sommes beaucoup renseignes. Nous avons entendu tout et son contraire: un masquaret, un tres fort courrant, de gros troncs charries, des innondations eclaires, des bancs de vase, des millions de moustiques, des crocodiles geants, des voleurs, des sculpteurs, des barbares, des chretiens, des cannibales etc. On nous a aussi dit que les bancs de sable nous empecherraient simplement de rentrer dans la riviere. Nous voulons en avoir le coeur net:

 

“Capitaine, mets les gazs!”, “Bubbles, en avant  toute!” 

 

Madang-Madam
Album : Madang-Madam
ville & volcan
9 images
Voir l'album

plus de photos sur le site de Reed:

http://gallery.me.com/reedwhiting#100780&bgcolor=black&view=grid
 

et une petite video:

http://gallery.me.com/reedwhiting#100802

 


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