Le schuss final

Nous sommes arrivés à Sixt il y à déjà un peu plus d’un mois. Nous avons pris un peu le temps d’atterrir, délaissant ce blog quelques temps. Le moment est venu de vous raconter la route retour de Serbie, de Belgrade à Sixt.

Nous prenons 1 journée de repos à Belgrade, La deuxième et dernière depuis le Caucase. Les muscles un peu relâchés, nous reprenons la route avec Ben l’anglais que nous laissons vite filer vers le Nord, tandis que nous suivons un affluent du Danube direction la Croatie.

Le schuss final dans 13 Croatie - Slovenie - Italie - Suisse - SIXT photo001

Nous quittons le bord de la rivière pour explorer quelques petites routes de campagnes, sur une colline qui surplombe l’immense plaine. Les premiers restes de la guerre, les premiers impacts de balles apparaissent. Rien a voir avec ce qui nous attend dans les premiers villages croate dans lesquels les murs ont encore l’apparence de l’émental.

photo004 dans 13 Croatie - Slovenie - Italie - Suisse - SIXT

Nous savons que nos Alpes approchent, nous avons hâte. Il faut encore s’arrêter bricoler le vélo de Tom car sa roue libre ne marche plus. Nous pouvons alors avaler les kilomètres: nous avons la motivation, la forme et l’envie. Nous devons tirer le frein a main tôt dans l’après midi pour ne pas dépasser les 100km quotidien que nous avons planifié pour nos rendez vous. Nous en profitons pour trainer dans les villages, boire quelques bières en parlant de la récente guerre, en faisant essayer nos vélo et en jouant aux cartes. Nous passons la frontière, nous voilà en Slovénie. Les collines sont magnifiques et sont de plus en plus grandes. Et d’un coup d’un seul, un petit col nous propulse sur notre territoire. Il n’y a pas de doutes, végétation, reliefs, architecture et habitants sont comme de par chez nous. Pas de doutes, nous sommes dans les Alpes. Nous sommes envahis par la joie et l’euphorie. Le retour, nos maman, sont plus proches que jamais.

photo007

Nous redescendons dans les plaines italiennes. Nous arrivons à Vérone. Nous sommes à la gare. Quand en sort un mec bâti comme la pointe de Sale, un peu dégarni sur le crâne quand même. LéLé!!!!!!!!!!!!!!!!!!!Nous sommes super heureux de retrouver un super pote motivé, décidé à partager avec nous les 10 derniers jours du périple. Nous lui avions promis de petites étapes peinardes, il s’est bien fait avoir!

photo030
Nous l’accueillons dans notre tente. Nous avons tant à nous raconter. Lélé a ramené a nous la technologie, le téléphone portable. Tom a donc la joie de retrouver la voie de sa maman qu »il avait peut être presque oublié. Mais il est obligé de raccrocher en urgence: nous sommes inondés. L’orage a fait monter le niveau d’eau rapidement. Nous déplaçons la tente sur un petit promontoire et nous reprenons la soirée comme si de rien n’était, juste un peu moites… Au matin, nous quittons vite le traffic pour découvrir le lac de Garde. Nous nous retrouvons en fait à doubler porshes et ferraris dans un embouteillage de touristes allemands. Nous tapons la croute sur un ponton, au soleil. Lélé est tellement grand qu’il a pied partout dans le lac. Il trouve quand même qu’on a la belle vie et qu’on se la coule douce. Il fait un peu moins le malin au fur et à mesure que les kilomètres défilent et que ses muscles s’épuisent. A l’abri de la pluie sous la tente, il s’efforce à nous faire boire des bières, espérant que l’alcool engourdira nos muscles le lendemain. Bien sur nos muscles ne craignent rien. Seul Lélé fatigue dans le premier col. Il prendra surtout peur quand il découvrira que nous sommes forcés de traverser une série de tunnels.

photo023

Une longue descente nous mène au bord du lac d’Iseo. Nous avons surnommé Tom ROUTIX, car il s’amuse à faire la course avec les cyclistes de route, blessant leurs égo…

photo024

Nous commençons a contourner le lac par le Sud. Nous proposons a Lélé de camper dans le coin, il serra surement difficile de trouver un espace plat pour la tente sur la rive d’en face: les montagnes plongent a pic dans l’eau. Mais Lélé insiste pour faire le plein de bières, espérant ainsi nous ralentir le lendemain. Nous ouvrons finalement les canettes sur la piste cyclable qui contourne un tunnel. Tom n’est pas content du spot, mais nous n’avons pas le choix, ça serra notre espace plat pour la nuit. Nous la passerons à la belle étoile, réveillés par les premières lueurs rougeâtres d’un soleil qui pointe son nez derrière les pics voisins.

photo020

Lélé perd un peu de son gras siserait. Il prend le rythme tandis que les cols s’élèvent. Nous tirons les freins en pleine montée pour faire une pause obligatoire a la fruitière. La vendeuse nous fait tout gouter pour notre plus grand régal. Puis nous repartons direction San Pellegrino. Voila Lélé en pleine forme qui me rejoint à ce col, classique du Giro. Comment a t il pu poser Routix, LE grimpeur de l’équipe? Il faut croire que la tactique de Lélé a marché, Tom s’est arrêté en pleine montée faire la sieste!!!!!!! Pauvre Lélé, encore une journée avec un col de 1200m de dénivelé. Au moins les gorges sont spectaculaires, la route étroite et sans trafic. Le paysage est a couper le souffle. Nous redescendons contourner le lac de Côme. Il serra traumatisé par un tunnel de 3,5km.

photo028

Lélé faisait un peu le malin avec son VTT. A force de sauter tout les trottoirs, le voilà qui a battu le record de Routix. 6 rayons en moins a la roue arrière! RESPECT! Pour rejoindre un magasin de vélo, nous allégeons son vélo au maximum. Tom sangle les bagages de Lélé par dessus sont propre chargement et je prend le VTT. Nous entrons en Suisse. Nous passons un après midi mécanique pour enlever la forme d’oeuf qu’a adopté sa roue. Les gars filent. Je dois m’arrêter pour renforcer un pneu qui m’accompagne depuis Pékin et qui menace d’éclater. Une grande descente me permet de rattraper l’échappée peu avant le lac Majeur. Nous passons un nouveau col pour nous trouver à nouveau en Italie. Demain une grosse journée nous attend. Nous avons choisi un des plus gros col des Alpes pour le final, à 2374m, soit 2000m de dénivelé. Lélé par le premier tandis que nous rangeons le matos. Tom se fait complimenter d’un « Passionnato » quand une locale apprend qu’avec nos gros vélo, on va aller jusqu’au col. Nous sommes à nouveau sur une route classique du Giro. Ca grimpe sec. Il y a beaucoup de touristes venus admirer la plus grande cascades des Alpes où la route, bien qu’indiquée jusqu’en Suisse sur notre carte, s’arrête. Ils nous applaudissent et nous félicitent lorsque nous arrivons à la fin de l’asphalte. Nous les surprenons. Sourire aux lèvres, nous ne posons pas pieds à terre et nous nous élançons dans la série d’épingles abrupte du chemin 4-4. Nous tenons bon rythme. Nous faisons une pause dans un refuge, contournons un lac de barrage et voila enfin le col bien mérité.

photo035

Le chemin 4-4 s’arrête du coté Suisse. Nous sommes maintenant sur un sentier d’alpage. Nous perdons un peu d’altitude avant de rentrer dans une partie plus abrupte, dans le brouillard. Nous pourrions nous perdre, alors nous décidons de camper. On ne voit pas à 10m et un impressionnant orage de montagne éclate.

photo042 photo045

Le matin nous découvrons un paysage grandiose. Nous découvrons que nous devons encore bien descendre avant de rejoindre la route. Heureusement le chemin est quand même assez praticable, nous portons peu les vélos.
Ce col est encore bien haut, et bien raide. Nous y arrivons épuisés et bien refroidis. Nous sommes à la source du Rhône que nous avions longé au départ, il y a 3 ans. Ne nous reste plus qu’a descendre et à le suivre. Le jour final approche. Nous sommes forcés de changer encore quelques rayons de Lélé. Le vendeur, premier francophone après 1 an, nous fait rire avec ses grands « Ba ça, ça devait être bonnard! » Et aussi quand, bien que Suisse, il se fou de la vitesse de travail de Tom  » Ba toi, je comprend pourquoi t’as voyagé 3 ans, tu prends le temps hein ». Derniers kilomètres a vélos, dernière montée sur Champéry. Un ouvrier au bord de la route:  » De Dieu! Mais y marchent bien ces vélos électriques ». C’est vrai que nous sommes à bloc, surexcités, sur un petit nuage: c’est comme si les pneus ne touchaient plus la route, nous volons. Mais Mr, nous Pédalons! Nous sommes les premiers, nous sommes les champions du monde. Nous grimpons sur le podium.

photo052

Une voiture de copains arrive et nous arrosent de champagne. WOWOWOWOWOW!!!!!!!!!!!!!! C’est fini: les vélos repartent en voiture avec William. William a assuré et nous a ramené Camille, la soeur de Tom, Bertrand, notre mécano officiel qui avait roulé jusqu’en Ardèche il y a 3 ans, et Adelin, qui nous avait ramené nos vélos au Pérou. Nous sommes une super équipe, personne n’en revient vraiment, tout le monde plane.

L’ultime étape se fait à pied. Une rando de 10h va nous permettre d’arriver directement au bout du monde. Nous aurons fini la boucle dès que nous toucherons la première route française. Nous ne verrons rien d’autre du pays avant d’être passe par nos maisons. Nous comptons surprendre les gens qui nous attendent à la finish line. Qui pourrait s’imaginer nous voir arriver par la montagne escarpée? Nous entamons la marche dans la joie et la bonne humeur évidemment. Nous sortons rapidement des bois pour traverser de magnifiques gorges. Nous tapons la croute aux pieds des falaises. Pour arriver sur la commune de Sixt, nous devons remonter un grand pierrier. Nous voila devant le col des Ottans. Il faut remonter la falaise dans la faille. C’est aménagé, un peu a la manière d’une via ferrata, mais c’est quand même bien impressionnant. Pour débouler sur la crête, il faut passer par un trou de souris. Comme nous l’avions anticipé, et pour notre plus grande joie, Adelin est trop carré pour se glisser dans le trou!!!!Il est obligé d’escalader en rampant pour nous retrouver.

photo058  photo060
Encore quelques pas. Un petit névé. Nous nous tenons par la main. Encore 1 pas. SIXT!Le bout du monde! notre vallée! Notre terre! Nous y sommes, nous avons tenu notre pari, nous avons réussi, nous sommes de retour. Nous versons quelques larmes, nous savourons le moment, le temps s’arrête. Le moment est évidement unique.

photo064

Nous entamons la longue descente. Tout d’un coup, Adelin, sourire aux lèvres, nous annonce qu’on a tout ce qu’il faut pour faire une fondue. Ni une ni deux, le réchaud flambe, le fromage fond, le bouchons de bonnes bouteilles sautent. Nous nous régalons. Voilà une façon original de festoyer en rando.

photo068

L’heure des mamans approche. Nous devons laisser derrière Camille qui peine, escortée d’Adelin et Lélé. Nous dévalons le pas du Boret. Le ventre se noue, les émotions montent, nous nous sentons légés, impatients d’arriver mais un peu impressionnés tout de même.
Le son des cloches à vache nous parvient. Il nous ont repérés a la sortie du bois. Nous nous approchons lentement. Nous tombons dans les bras de nos mamans respectives. En larmes. Elles ont été si patientes! Quelques proches sont là. Le champagne jailli. Les rires, les flashs, les larmes, la joie, l’émotion, le soulagement, les regards, les lumières, l’incroyable, les odeurs, les mots gentils, l’instant.

calin2

Nous l’avons fait. Nous sommes là entiesr. Nous vous avons fait rêver. Nous avons vécu le rêve. Derniers kilomètres de nuits. Arrivée à Samoens. Tom continue vers Taninges. J’ouvre la porte de ma maison.

 

douche

 

Retour aux Alpes
Album : Retour aux Alpes
Avec Lélé, un avant gout de Sixt
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LArrivée
Album : L'Arrivée

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Le schuss final

Nous sommes arrivés à Sixt il y à déjà un peu plus d’un mois. Nous avons pris un peu le temps d’atterrir, délaissant ce blog quelques temps. Le moment est venu de vous raconter la route retour de Serbie, de Belgrade à Sixt.

Nous prenons 1 journée de repos à Belgrade, La deuxième et dernière depuis le Caucase. Les muscles un peu relâchés, nous reprenons la route avec Ben l’anglais que nous laissons vite filer vers le Nord, tandis que nous suivons un affluent du Danube direction la Croatie.

Le schuss final dans 13 Croatie - Slovenie - Italie - Suisse - SIXT photo001

Nous quittons le bord de la rivière pour explorer quelques petites routes de campagnes, sur une colline qui surplombe l’immense plaine. Les premiers restes de la guerre, les premiers impacts de balles apparaissent. Rien a voir avec ce qui nous attend dans les premiers villages croate dans lesquels les murs ont encore l’apparence de l’émental.

photo004 dans 13 Croatie - Slovenie - Italie - Suisse - SIXT

Nous savons que nos Alpes approchent, nous avons hâte. Il faut encore s’arrêter bricoler le vélo de Tom car sa roue libre ne marche plus. Nous pouvons alors avaler les kilomètres: nous avons la motivation, la forme et l’envie. Nous devons tirer le frein a main tôt dans l’après midi pour ne pas dépasser les 100km quotidien que nous avons planifié pour nos rendez vous. Nous en profitons pour trainer dans les villages, boire quelques bières en parlant de la récente guerre, en faisant essayer nos vélo et en jouant aux cartes. Nous passons la frontière, nous voilà en Slovénie. Les collines sont magnifiques et sont de plus en plus grandes. Et d’un coup d’un seul, un petit col nous propulse sur notre territoire. Il n’y a pas de doutes, végétation, reliefs, architecture et habitants sont comme de par chez nous. Pas de doutes, nous sommes dans les Alpes. Nous sommes envahis par la joie et l’euphorie. Le retour, nos maman, sont plus proches que jamais.

photo007

Nous redescendons dans les plaines italiennes. Nous arrivons à Vérone. Nous sommes à la gare. Quand en sort un mec bâti comme la pointe de Sale, un peu dégarni sur le crâne quand même. LéLé!!!!!!!!!!!!!!!!!!!Nous sommes super heureux de retrouver un super pote motivé, décidé à partager avec nous les 10 derniers jours du périple. Nous lui avions promis de petites étapes peinardes, il s’est bien fait avoir!

photo030
Nous l’accueillons dans notre tente. Nous avons tant à nous raconter. Lélé a ramené a nous la technologie, le téléphone portable. Tom a donc la joie de retrouver la voie de sa maman qu »il avait peut être presque oublié. Mais il est obligé de raccrocher en urgence: nous sommes inondés. L’orage a fait monter le niveau d’eau rapidement. Nous déplaçons la tente sur un petit promontoire et nous reprenons la soirée comme si de rien n’était, juste un peu moites… Au matin, nous quittons vite le traffic pour découvrir le lac de Garde. Nous nous retrouvons en fait à doubler porshes et ferraris dans un embouteillage de touristes allemands. Nous tapons la croute sur un ponton, au soleil. Lélé est tellement grand qu’il a pied partout dans le lac. Il trouve quand même qu’on a la belle vie et qu’on se la coule douce. Il fait un peu moins le malin au fur et à mesure que les kilomètres défilent et que ses muscles s’épuisent. A l’abri de la pluie sous la tente, il s’efforce à nous faire boire des bières, espérant que l’alcool engourdira nos muscles le lendemain. Bien sur nos muscles ne craignent rien. Seul Lélé fatigue dans le premier col. Il prendra surtout peur quand il découvrira que nous sommes forcés de traverser une série de tunnels.

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Une longue descente nous mène au bord du lac d’Iseo. Nous avons surnommé Tom ROUTIX, car il s’amuse à faire la course avec les cyclistes de route, blessant leurs égo…

photo024

Nous commençons a contourner le lac par le Sud. Nous proposons a Lélé de camper dans le coin, il serra surement difficile de trouver un espace plat pour la tente sur la rive d’en face: les montagnes plongent a pic dans l’eau. Mais Lélé insiste pour faire le plein de bières, espérant ainsi nous ralentir le lendemain. Nous ouvrons finalement les canettes sur la piste cyclable qui contourne un tunnel. Tom n’est pas content du spot, mais nous n’avons pas le choix, ça serra notre espace plat pour la nuit. Nous la passerons à la belle étoile, réveillés par les premières lueurs rougeâtres d’un soleil qui pointe son nez derrière les pics voisins.

photo020

Lélé perd un peu de son gras siserait. Il prend le rythme tandis que les cols s’élèvent. Nous tirons les freins en pleine montée pour faire une pause obligatoire a la fruitière. La vendeuse nous fait tout gouter pour notre plus grand régal. Puis nous repartons direction San Pellegrino. Voila Lélé en pleine forme qui me rejoint à ce col, classique du Giro. Comment a t il pu poser Routix, LE grimpeur de l’équipe? Il faut croire que la tactique de Lélé a marché, Tom s’est arrêté en pleine montée faire la sieste!!!!!!! Pauvre Lélé, encore une journée avec un col de 1200m de dénivelé. Au moins les gorges sont spectaculaires, la route étroite et sans trafic. Le paysage est a couper le souffle. Nous redescendons contourner le lac de Côme. Il serra traumatisé par un tunnel de 3,5km.

photo028

Lélé faisait un peu le malin avec son VTT. A force de sauter tout les trottoirs, le voilà qui a battu le record de Routix. 6 rayons en moins a la roue arrière! RESPECT! Pour rejoindre un magasin de vélo, nous allégeons son vélo au maximum. Tom sangle les bagages de Lélé par dessus sont propre chargement et je prend le VTT. Nous entrons en Suisse. Nous passons un après midi mécanique pour enlever la forme d’oeuf qu’a adopté sa roue. Les gars filent. Je dois m’arrêter pour renforcer un pneu qui m’accompagne depuis Pékin et qui menace d’éclater. Une grande descente me permet de rattraper l’échappée peu avant le lac Majeur. Nous passons un nouveau col pour nous trouver à nouveau en Italie. Demain une grosse journée nous attend. Nous avons choisi un des plus gros col des Alpes pour le final, à 2374m, soit 2000m de dénivelé. Lélé par le premier tandis que nous rangeons le matos. Tom se fait complimenter d’un « Passionnato » quand une locale apprend qu’avec nos gros vélo, on va aller jusqu’au col. Nous sommes à nouveau sur une route classique du Giro. Ca grimpe sec. Il y a beaucoup de touristes venus admirer la plus grande cascades des Alpes où la route, bien qu’indiquée jusqu’en Suisse sur notre carte, s’arrête. Ils nous applaudissent et nous félicitent lorsque nous arrivons à la fin de l’asphalte. Nous les surprenons. Sourire aux lèvres, nous ne posons pas pieds à terre et nous nous élançons dans la série d’épingles abrupte du chemin 4-4. Nous tenons bon rythme. Nous faisons une pause dans un refuge, contournons un lac de barrage et voila enfin le col bien mérité.

photo035

Le chemin 4-4 s’arrête du coté Suisse. Nous sommes maintenant sur un sentier d’alpage. Nous perdons un peu d’altitude avant de rentrer dans une partie plus abrupte, dans le brouillard. Nous pourrions nous perdre, alors nous décidons de camper. On ne voit pas à 10m et un impressionnant orage de montagne éclate.

photo042 photo045

Le matin nous découvrons un paysage grandiose. Nous découvrons que nous devons encore bien descendre avant de rejoindre la route. Heureusement le chemin est quand même assez praticable, nous portons peu les vélos.
Ce col est encore bien haut, et bien raide. Nous y arrivons épuisés et bien refroidis. Nous sommes à la source du Rhône que nous avions longé au départ, il y a 3 ans. Ne nous reste plus qu’a descendre et à le suivre. Le jour final approche. Nous sommes forcés de changer encore quelques rayons de Lélé. Le vendeur, premier francophone après 1 an, nous fait rire avec ses grands « Ba ça, ça devait être bonnard! » Et aussi quand, bien que Suisse, il se fou de la vitesse de travail de Tom  » Ba toi, je comprend pourquoi t’as voyagé 3 ans, tu prends le temps hein ». Derniers kilomètres a vélos, dernière montée sur Champéry. Un ouvrier au bord de la route:  » De Dieu! Mais y marchent bien ces vélos électriques ». C’est vrai que nous sommes à bloc, surexcités, sur un petit nuage: c’est comme si les pneus ne touchaient plus la route, nous volons. Mais Mr, nous Pédalons! Nous sommes les premiers, nous sommes les champions du monde. Nous grimpons sur le podium.

photo052

Une voiture de copains arrive et nous arrosent de champagne. WOWOWOWOWOW!!!!!!!!!!!!!! C’est fini: les vélos repartent en voiture avec William. William a assuré et nous a ramené Camille, la soeur de Tom, Bertrand, notre mécano officiel qui avait roulé jusqu’en Ardèche il y a 3 ans, et Adelin, qui nous avait ramené nos vélos au Pérou. Nous sommes une super équipe, personne n’en revient vraiment, tout le monde plane.

L’ultime étape se fait à pied. Une rando de 10h va nous permettre d’arriver directement au bout du monde. Nous aurons fini la boucle dès que nous toucherons la première route française. Nous ne verrons rien d’autre du pays avant d’être passe par nos maisons. Nous comptons surprendre les gens qui nous attendent à la finish line. Qui pourrait s’imaginer nous voir arriver par la montagne escarpée? Nous entamons la marche dans la joie et la bonne humeur évidemment. Nous sortons rapidement des bois pour traverser de magnifiques gorges. Nous tapons la croute aux pieds des falaises. Pour arriver sur la commune de Sixt, nous devons remonter un grand pierrier. Nous voila devant le col des Ottans. Il faut remonter la falaise dans la faille. C’est aménagé, un peu a la manière d’une via ferrata, mais c’est quand même bien impressionnant. Pour débouler sur la crête, il faut passer par un trou de souris. Comme nous l’avions anticipé, et pour notre plus grande joie, Adelin est trop carré pour se glisser dans le trou!!!!Il est obligé d’escalader en rampant pour nous retrouver.

photo058  photo060
Encore quelques pas. Un petit névé. Nous nous tenons par la main. Encore 1 pas. SIXT!Le bout du monde! notre vallée! Notre terre! Nous y sommes, nous avons tenu notre pari, nous avons réussi, nous sommes de retour. Nous versons quelques larmes, nous savourons le moment, le temps s’arrête. Le moment est évidement unique.

photo064

Nous entamons la longue descente. Tout d’un coup, Adelin, sourire aux lèvres, nous annonce qu’on a tout ce qu’il faut pour faire une fondue. Ni une ni deux, le réchaud flambe, le fromage fond, le bouchons de bonnes bouteilles sautent. Nous nous régalons. Voilà une façon original de festoyer en rando.

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L’heure des mamans approche. Nous devons laisser derrière Camille qui peine, escortée d’Adelin et Lélé. Nous dévalons le pas du Boret. Le ventre se noue, les émotions montent, nous nous sentons légés, impatients d’arriver mais un peu impressionnés tout de même.
Le son des cloches à vache nous parvient. Il nous ont repérés a la sortie du bois. Nous nous approchons lentement. Nous tombons dans les bras de nos mamans respectives. En larmes. Elles ont été si patientes! Quelques proches sont là. Le champagne jailli. Les rires, les flashs, les larmes, la joie, l’émotion, le soulagement, les regards, les lumières, l’incroyable, les odeurs, les mots gentils, l’instant.

calin2

Nous l’avons fait. Nous sommes là entiesr. Nous vous avons fait rêver. Nous avons vécu le rêve. Derniers kilomètres de nuits. Arrivée à Samoens. Tom continue vers Taninges. J’ouvre la porte de ma maison.

 

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