L’aventure

Akatu, Kazakstan, sur les bords de la Caspienne, 28m sous le niveau de la mer. C’est ici la hauteur de notre moral.

Apres 48h de train dans la steppe infinie, apres escroquerie des controleurs, coup de boule d’un flic alcoolique, nous arrivons dans cette ville laide, peu acceuillante.

Le visa Azeri, rien de plus simple, mais nous attendons desesperement un bateau pour Baku, il ne vient pas, on essaye un tanker, pas moyen! On se fait rire au nez par les fonctionnaires parcqu’on ne parle pas Russe.

Finalement on se resigne, il faut prendre l’avion pour traverser la mer.

L’aventure, l’art de se mettre dans la merde pour mieu en sortir. Mais par avion on se sent moins bon.

Vivement le bivouac de demain soir, que l’on puisse en rire.

Thomas


Archives pour la catégorie 08 Kazakhstan

3 pédales dans le train

Voilà  près de 1000 jours que nos 2 (cyclo)touristes sont partis alors que je les retrouve à Astana pour quelques (laborieux) tours de pédales. Retrouvailles après 2 ans et demi! Et petit retour aux sources avec les 5kg de produits du terroir: fromage, viande séchée, terrine, chocolat, pinard… Ca a d’ailleurs l’air de leur faire plus plaisir que de me voir…

Arrivé pour 3 semaine, je cours la ville pour trouver un vélo (pas très usité à Astana) pendant que T+B retournent les ambassades en quête d’un visa. L’idée, pour nos 2 amoureux de la steppe, est de traverser le Kazakhstan en direction de la Russie et de recouper ensuite sur l’Ukraine. Avec le recul, on peut dire «heureusement», ça n’a pas fonctionné! Le délai pour les visas est trop important et la seule solution qui semble se dessiner est de filer tout au Sud-ouest, en direction d’Aktau pour y obtenir un visa Azerbe, et attendre un ferry qui vient tous les 3 à 10 jours. De ce fait, il ne reste qu’une bonne semaine devant nous avant qu’ils doivent filer à Aktau, en train… De mon côté, je dégotte un VTT parfait pour ces 8 jours de route et j’avance mon retour d’une semaine. Une mission m’est également donnée par Thomas: celle d’écrire cet article! Si j’aurais su, j’aurais pas venu… C’était un sacré piège, je vais encore passer pour le rabat-joie de service! Voilà donc, avant même de décrire ces quelques jours, les premières impressions de l’équipe:
«Le Kazakhstan, c’est aussi nul que les blagues de Benoît»
«Ou aussi pourri que les intestins de Thomas»
En tout cas, pour nos 2 compères, c’est clairement et unanimement «le pire pays visité jusque là!», et ça ne fait que commencer!
Ils sont d’ailleurs fatigués et la motivation n’est pas celle des grands jours. Je ne vais pas tarder à les comprendre…

Astana, le départ
Astana, le départ
Astana, la Mosquée
Astana, la Mosquée

Venons-en au faits: la région parcourue (env. 500km) pourrait être résumée en une seule et unique photo. Imaginez un champs de 500km, avec une route parcourue pas tous les anciens camions interdits de circulation dans l’UE, bordée d’une ligne haute tension. Facile non? Et bien voilà  le paysage qui nous a accueilli pour ces 8 jours de vélo. Pas un arbre, pas une colline, rien, c’est plat, tirant du marron boueux au vert presque fluo, avec un ciel bleu sur le début, tournant très vite au gris, avec un plafond situé quelques dizaines de mètres au-dessus de nos têtes… Ajoutez à cela un bon vent de face, de la pluie régulière et des campings bien boueux! Tentés pour 1 semaine??? Heureusement, l’architecture des villages traversés est exceptionnelle. Merci les russes!!!
Le paysage de ces 8 jours
Le paysage de ces 8 jours
Avec la route...
Avec la route…
La beauté des villages
La beauté des villages

Pour la gastronomie, une fois nos réserves du pays disparues, c’est riz avec du boeuf en boite, un oignon, et parfois, par chance, une carotte ou un poivron! Quelle finesse, quelle variété! Nos rares repas pris dans des villages sont corrects mais sans intérêt: beignets à la purée, viande bouillie, riz ou macaronis… La seule «vraie» expérience aura été celle du lait de jument fermenté, accompagné d’un cailloux blanc et diforme (du fromage soit disant), je crois que 10 jours après, je les rote encore!
Nos 2 chiens entrain de vider la gamelle
Nos 2 chiens entrain de vider la gamelle

Passons-en au côté humain: nos 3 cyclotouristes finissent une longue journée de pédalage, voient un semblant de village, rentrent dans le magasin (une pièce d’une maison avec 3 biscuits, 5 snickers, quelques bières, beaucoup de vodka et des conserves). Petite discussion avec nos belles connaissances de Russe:
-Thomas en russe: 3 bières s’il vous plait mais (il mime qq’un qui a froid).
-La vielle, en russe: laquelle de bière (en montrant toutes les options qui s’offrent à nous)?
-Thomas (qui pourtant est notre fidèle interprête): vous en avez des «il mime qq’un qui a froid»?
-La vieille: oui, laquelle.
-Thomas: froides SVP!
-La vielle: laquelle?
-Benoit montre le frigo: bière, froide
-La vielle: du lait? Des yaourts?
-Benoit: Bon, un thé foid et un coca!
-Le fils arrive pour nous faire payer. On paye. Puis Benoit: du coca, t’en n’avait pas du «il mime qq’un qui a froid»?
-Le fils: si bien sûr!
-Thomas: et la bière, non?
-Le fils: laquelle?
Ca y est, on comprend enfin, on montre la bière qu’on veut, il en sort 3 du frigo! Chaudes… mais on l’a bien méritée!!!

Un peu de vélo
Un peu de vélo
Il va nous lâcher lui ou bien?
Il va nous lâcher lui ou bien?
Les Cow-Boys
Les Cow-Boys
Même au Kazakhstan, on peut faire une belle photo...
Même au Kazakhstan, on peut faire une belle photo…

Je pourrais continuer longtemps comme ça, parler des 80km de détour faits le 1er jour car lire une carte c’est compliqué, même après 2.5 ans; parler des gens avec qui la discussion, après avoir expliqué que le but est de rejoindre la France depuis la Chine, se limite à Malatsé (vous êtes fous); parler de l’état psychologique douteux de B+T qui ne parlent plus qu’en «chantant»; parler de la difficulté d’avancer, avec un cul douloureux et un genou qui fait des siennes; parler de Thomas qui donnent des coups dans son vélo avant de le trainer dans la boue sur 1 km; parler de lui et ses problèmes mécaniques, rayons cassés, pneus éclatés; parler du vent de face, de la pluie, de la boue et de la difficulté de vouloir continuer; parler de la joie de prendre le train pour raccourcir cet enfer de 1500km; parler de la joie de troquer les bords de la mer morte et de la méditerranée contre 3000km de steppes supplémentaires…

Encore de la casse
Encore de la casse
Thomas aime la Kazakhstan!
Thomas aime la Kazakhstan!

Une expérience de 2 semaines, enrichissante et intéressante qui a montré tous les mauvais côtés du cyclotourisme. On l’apprécie une fois derrière!

Romain après 8 jours: usé!
Romain après 8 jours: usé!

Je vais donc devoir les retrouver ailleurs pour en découvrir tous les bons côtés. Car il y en a, parait-il!

En tout cas, merci de m’avoir supporté, et bon courage pour les 3 derniers mois de ce dur périple. Qui a parlé de vacances???

Romain

La course du Team a Astana

Pour cette semaine de route, pas de roman a ecrire. Les galeres mecaniques s’enchainent, les kilometres et la plaine monotone defilent: cap sur Astana et sa mission visa…

(suite…)

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